Nom : Moon
Prénom : Elie
Surnom : Pour la plupart des Vampires, c’est Le Doyen, pour les plus vieux, c’est parfois La Septième Lune.
Age : 1283 ans… Et toutes ses dents. Mais quelles dents !
Jour de naissance : Un 1er avril, si, si !
Sexe : Masculin, même si ce n’est pas si évident à voir au premier abord…
Race : Vampire,
le Vampire.
Clan : Sonnes Einheit, c’est lui qui l’a fondé, alors il sait de quoi il retourne, quand même.
Profession : Directeur de la Sonnes Einheit, c’est déjà pas mal. Mais il arrive à Elie Moon de pratiquer quelques activités en parallèle, suivant ses envies. Il a déjà été tisserand et tailleur, danseur de charme, croupier…
Lieu de vie : Elie possède un appartement particulier au sein même de la Wachzustand, à Hochstadt. Mais il possède en réalité un assez grand nombre de propriété et… beaucoup d’amis, ce qui lui permet de se loger facilement où qu’il aille.
Physique : Il est difficile de ne pas remarquer Elie, tant par son apparence physique que par les vêtements extravagants qu’il porte.
Elie était déjà considéré comme une beauté, de son vivant. Et on sait (ou plutôt on ne sait justement pas) comment la vampirisation sublime la beauté de l’humain le plus banal. Et plus le Vampire avance en âge, plus cette beauté devient éthérée. Alors, c’est avec fierté qu’Elie peut dire en toute logique qu’il est l’être le plus beau de cette planète. Voilà qui n’est pas fait pour désenfler son énorme ego.
À présent, détaillons. Étant mort à dix-sept ans, Elie a gardé le corps d’un adolescent. Mais pas celui de n’importe quel boutonneux des bas-fonds de Hochstadt, non. Un adolescent à faire baver d’envie n’importe quel curé un brin pédophile. Un petit être gracieux à la peau de neige et à la chaire moelleuse comme un loukoum. Son corps a presque la souplesse d’un nourrisson ce qui a toujours été pratique pour accéder aux endroits inaccessibles : salles aux trésors, égouts, conduits d’aération, trous de sorcières (et Dieu seul sait à quel point Elie adore les trous de sorcières !)… Elie a toujours eu un bon maintien, mais comme il a aussi fait de la danse, il sait marcher droit et avec élégance (et de toute façon, l’élégance est une seconde nature obligatoire pour Elie Moon). Elie est totalement imberbe et en est, ma foi, très content. Il se plait comme ça. Peut-être un peu trop. Je crois que l’on peut dire que sa beauté n’a d’égal que son narcissisme.
Évidemment, comme tout Vampire, Elie a des ongles longs et durs comme du verre. Ce n’est certes pas très pratique pour jouer de l’orgue, mais Elie a largement eu le temps de s’en accommoder.
Le visage d’Elie a des traits fins et courbés à tel point qu’il peut ressembler à une femme. Et il arrive très souvent qu’on le prenne pour une femme ce qui peut donner lieu à des scènes cocasses. Elie en est parfois vexé, mais il préfère largement en rire. D’autant plus que cela le conforte dans l’idée qu’il est le plus beau. Ses lèvres roses et brillantes, ni minces ni épaisses, ressortent sur sa peau blanche. Son nez fin est parfaitement droit. Des sourcils rouges peu fournis surplombent de grands yeux aux iris dorés et bordés de très longs cils de couleur sombre. Le dessin d’une lune sombre et argentée orne son front blanc.
La chevelure du Doyen est sa plus grande fierté. Elle est exagérément longue : elle ondule en vagues légères et irrégulières jusqu’au creux de ses genoux (ça chatouille et c’est très rigolo, vous dira-t-il). Sa couleur est également surprenante. Elle est d’un rouge sang intense et profond. Tout un symbole… La sensualité, la passion, le sang et la puissance. C’est aussi la couleur du diable et de la colère, celle de Dieu. Quoi de plus amusant pour le Doyen des Vampires et fondateur de la Sonnes Einheit ?
Caractère : Être un grand gamin de 1283 fait d’Elie Moon un personnage hors du commun. La sagesse qu’il a accumulée au fil des ans s’ajoute à l’insouciance de ses 17 ans, âge de sa mort.
Elie a beaucoup de qualité et beaucoup de ce que le commun des mortels appellent des défauts, aussi.
Le Doyen est d’une impatience inattaquable. Comment aurait-il pu en être autant, après avoir « vécu » tant d’années ? Il est très sociable et très agréable à vivre (enfin, tout dépend des points de vue…). Il s’est construit un réseau d’amis assez impressionnant. Avoir des amis tout le temps et partout, c’est toujours très pratique. C’est aussi un excellent médiateur, capable de résoudre des conflits par le simple usage de la parole. Il sait apaiser quelqu’un et considère un peu tout un chacun comme son enfant. Ou son amant. Quelque chose entre les deux, en tout cas. C’est généralement un homme de parole qui tient ses promesses. Même s’il semble être un boute-en-train, on peut lui faire confiance pour les affaires sérieuses. Enfin, à peu près…
Cependant, Elie Moon peut être d’une prodigieuse puérilité. Il aime bien pratiquer toutes sortes de jeu, du plus coquin au plus inepte. Il aime jouer. Au grand dam de ceux qui sont forcés de participer à ces jeux (ou à leur grand plaisir, encore une fois, tout dépend des points de vue). Et évidemment, de l’avis de tous, son plus gros défaut est d’avoir une très haute opinion de lui-même. En effet, Elie est non seulement très à l’aise dans sa peau, mais en plus il s’aime beaucoup. Il s’aime beaucoup physiquement : il aime son corps, du bout des orteils jusqu’à la pointe de ses cheveux. Il est très satisfait de sa forme physique qu’il entretient régulièrement par de multiples activités physiques et sportives (plus physiques que sportives, en fait). Moralement, tout va bien aussi. Il ne trouve aucun gros défaut gênant. Il est parfait selon ses propres critères. A une chose près. Il n’y a qu’une seule chose qui l’agace chez lui : sa petite taille.
Elie aime tous les petits plaisirs de sa non-vie, à savoir boire un peu de sang à une gorge fraîche et tendre (miam !), jouer, danser, plaisanter et explorer de nouveaux trous de sorcières. Il aime beaucoup de gens aussi, mais nous développerons cela dans les relations…
En revanche, Elie n’aime pas les rabats-joie, encore que ça peut dépendre desquels (s’ils sont mignons par exemple… bon… ben c’est déjà moins gênant, hein). Et cela c’est chose certaine, il ne peut pas supporter de poser ses dents délicates sur une gorge déjà utilisée par un autre vampire.
Don : Elie est très doué pour jouer à l’orgue. Son morceau favori, Toccata et fugue en ré mineur de Johann Sebastian Bach, bien sûr.
Pouvoir spécial : Aucun, être le plus puissant Vampire des Schwefelsländer et peut-être du monde entier, c’est déjà pas si mal.
Relations : Elles sont ma foi très nombreuses. Tout d’abord, Elie fait en sorte de connaître tous les membres de son clan. S’occupant de la diplomatie, il connaît certains membres éminents des autres clans. Il est d’ailleurs l’une des rares personnes à connaître le véritable rôle d’Amsel Mitternachtslöwe [écrit de mémoire, s’il vous plait !] au sein de l’Humanis Tutela, un jeune homme qu’il apprécie beaucoup. Il connaît Danaens et le capitaine des Lunatistes de l’Ouest, sans franchement les apprécier. Elie, face au fanatisme des Lunatistes, va de l’amusement au dégoût. En parlant de fanatiques, Elie évite bien évidemment de fréquenter les extrémistes de l’Humanis Tutela, quoiqu’une jeune dame de ce bord-là l’ait déjà… « fréquenté », sans vraiment savoir à qui elle avait « affaire ». Il a parfois affaire aux Rebelles. Généralement, on lui envoie la belle Vielena (qu’il préfère cependant ne pas mettre dans son lit, c’est qu’elle pourrait l’abîmer, cette petite sauvageonne). Elie ne fraye pas trop avec l’Austasch. Tout d’abord, il n’aime pas leurs méthodes, ensuite, ce sont souvent des rabats-joie de première…
Enfin, Elie a bien d’autres amis en dehors de tout clan. Quelques Vampires, comme le joli Prince, et un peu toutes sortes d’engeance…
Histoire : Une pleine Lune d’argent baignait le temple de Séléné d’une lumière nocturne intense. Ce sanctuaire était un édifice immense et de toute beauté, presque surnaturel. On sentait dans ce temple grec le début d’une influence sarrasine. Il fallait dire que l’on n’était plus tout à fait en Grèce, ici. Les arabesques avaient remplacé les formes anguleuses et les gravures étaient plus riches, plus fournies que dans les temples grecs. Mais les prêtres d’ici vénéraient Séléné, déesse grecque de la Lune. La tour centrale ressemblait un peu à une pyramide : un escalier raide menait jusqu’en haut de la tour, mais rares étaient les élus qui gagnaient le droit de rendre visite au Prophète au sommet de la tour. Mais ce soir-là, le plus jeune des prêtres allait à la rencontre du prophète. Et il était le septième cette année. C’était la septième Lune de l’année. Le prophète occupait la tour depuis cent ans et il devait être remplacé… Ainsi allait la tradition. Les six précédents n’avaient apparemment pas été au goût du prophète. Ils avaient été « rejetés ». Pourtant les prêtres les avaient soigneusement choisis. Ils commençaient à perdre espoir… Est-ce que celui-ci serait accepté par le prophète ? Ils ne firent rien pour rassurer la jeune âme qui allait être sacrifiée au Prophète. Eliyahu ne savait pas exactement ce que signifiait être « rejeté », mais quand les prêtres en parlaient, il sentait une sueur froide lui couler dans le dos. Et cette nuit, il était terrorisé. C’était son tour. Il allait devoir rejoindre le prophète, là-haut, sans avoir la moindre idée du sort qui l’y attendait. Il n’avait pas été surpris par le choix des prêtres. Même avant les six autres sacrifices, Eliyahu était le plus bel adolescent du temple. Il correspondait très précisément à ce qu’on attendait d’un prophète. À un détail près : ses cheveux rouge sang. Les Prophètes devaient être blonds comme la Lune. Mais à court d’adolescents blonds et purs, les prêtres avaient du se résigner à choisir Eliyahu. La cérémonie allait bientôt commencer. Ou plutôt, elle avait déjà commencé. On pouvait dire que la préparation du nouveau Prophète en faisait partie intégrante.
Deux prêtre s’affairaient à la préparation d’Eliyahu en gestes précis et calculés. Pour la septième fois qu’il l’opéraient, ils commençaient à maîtriser le rituel. Pétrifié d’horreur, dans laquelle tous n’y voyaient qu’une sorte de transe, le jeune homme de dix-sept ans se laissait faire. Son visage figé, il essayait d’accepter sa mort qu’il sentait imminente. Il n’y arrivait pas. Il n’avait pas envie de mourir, pas si tôt, pas déjà. Ou plutôt si, mais qu’on en finisse au plus vite, au nom de Zeus ! Eliyahu fit une rapide prière à Séléné. Pourvu qu’elle l’entende et qu’elle lui donne sa protection !
Le jeune homme portait une longue jupe de lin blanc pour tout vêtement. L’un des deux prêtres fit couler de l’eau chaude sur son torse nu. Cela ne détendit pas le jeune homme. L’autre prêtre prit une grande toile de lin et essuya le torse humide. Le premier prit aussitôt le relais et se mit à étaler avec soin une huile parfumée sur le corps d’Eliyahu. La lune d’argent sombre fut dessinée sur son front, marque qui devait rester indélébile après la mort, on ne savait par quel mystère. Puis une parure métallique fut déposée sur ses frêles épaules et une autre, décorée de plumes blanches et d’émeraudes, vint orner sa tête, cachant finalement la belle Lune peinte avec tant de précision et de ferveur. Eliyahu ne comprenait pas et ne voulait pas comprendre.
Il n’aurait jamais dû accepter de devenir prêtre. Mais on ne lui avait jamais laissé le choix, en vérité. L’oracle avait dit à son père et à sa mère que le troisième enfant qui naîtrait de leur union devrait être donné à Séléné. Eliyahu était le troisième. Il avait été offert généreusement à la Déesse. Mais il n’était pas fait pour devenir prêtre. Encore moins Prophète. Eliyahu était un enfant agité et impatient. Il ne pensait qu’à s’amuser. Il supportait mal le calme et le silence du temple. Tous y étaient sinistres et obsédés par leur Déesse. Le seul réconfort qu’il trouvait en ce lieu, c’était la contemplation du splendide décor de montagnes dans lequel il se trouvait.
Mais à présent, quel réconfort allait-il trouver dans les Enfers ? Il allait souffrir pour l’éternité s’il en croyait ce qu’on lui avait toujours raconté de ce monde sous terrain. Car Eliyahu n’irait pas aux Champs Elysées, il avait trop manqué de ferveur.
La préparation était terminée, les deux prêtres firent tous deux un pas en arrière. Une haie de prêtres et prêtresses en tunique blanche traçait le chemin jusqu’au pied de l’escalier de la tour centrale. Tous entamèrent un chant harmonieux et aérien. En un autre instant, Eliyahu aurait admiré la beauté d’une telle cérémonie. Ce soir, il la trouvait affreusement ironique et futile. À présent, tout le monde attendait de lui qu’il avance, qu’il se dirige vers l’escalier, qu’il monte tout en haut et qu’il fasse « ses preuves » face au Prophète. Etait-il encore capable d’une chose pareille ? Eliyahu mit son pied droit devant le gauche, puis le gauche devant le droit… Oui, il savait encore marcher, bien que son pas était lent et raide. Il progressa entre deux rangée d’hommes et de femmes qui le dévisageaient tout en chantant jusqu’à arriver au pied du large escalier. Il s’arrêta et leva le menton pour fixer le haut de la tour. Que pouvait-il bien y avoir là-haut ? Pour le savoir, il fallait monter. Eliyahu se sentit brusquement beaucoup moins curieux. Mais il grimpa sur la première marche, puis sur la deuxième et commença une lente ascension…
Eliyahu n’aurait pas cru que la tour était si haute et la pente si abrupte. C’était long… Beaucoup trop long et fatigant. Les lourdes parures lui pesaient. Il avait soif et commença à haleter. Mais il n’osait pas s’arrêter, ni retirer les parures sous l’œil sévère de cette Lune pleine et argentée. Il continua ainsi et arriva enfin, en sueur, en haut de la tour.
Le Prophète l’attendait, avachi sur un grand trône de pierre blanche richement décoré. Il était vêtu de la même façon qu’Eliyahu. Pourtant, Eliyahu se sentit grossier et maladroit à côté de cette élégance naturelle que possédait la créature. Car ce n’était pas un humain comme le croyait Eliyahu quelques instants auparavant. Il était censé avoir plus de cent ans ! Et pourtant, il paraissait presque aussi jeune qu’Eliyahu lui-même. Sa beauté brillait sous la lumière de la Lune, elle était surnaturelle. Elle ne paraissait pas surnaturelle, elle
était surnaturelle. Le Prophète possédait une longue chevelure blonde, ou plutôt blanche, qui s’agitait au gré du vent comme si elle était vivante. Ses yeux bruns et brillant le regardaient fixement, sans cligner. Le Prophète était parfaitement immobile, au point qu’Eliyahu commença à se demander s’il était réellement vivant. Brusquement, la créature fut debout devant lui sans qu’il ne comprît comment. Le Prophète était beaucoup plus grand que lui et Eliyahu observait le visage lisse aux traits trop parfaits d’en dessous. Les yeux bruns, presque dorés en fait, étaient toujours posé sur lui. Mais, même si la créature était toujours inhumaine, Eliyahu la sentait plus proche de lui, de sa nature et décelait même une forme de fragilité dans sa beauté. Cette créature pouvait être vaincue, Eliyahu ignorait malheureusement comment. Le son mélodieux de la voix du Prophète se fit entendre alors que le jeune prêtre n’était même pas sûr d’avoir vu ses lèvres bouger.